14 juin 2022
Une histoire peut-elle changer une ville ? Une autre approche de la régénération urbaine.

Par Martina Gnerre
La régénération urbaine implique avant tout le réaménagement et la réinvention des espaces. Cela nécessite souvent une action politique ciblée des administrations publiques pour réorganiser et transformer la ville, ainsi qu'une approche urbanistique de la restauration architecturale, avec ses chantiers, ses grues, sa peinture, ses briques et ses marteaux.
Tout cela peut prendre beaucoup de temps et nécessiter l'investissement de capitaux importants.
Je me demandais si une histoire bien racontée (qu'elle concerne un coin de quartier ou, pourquoi pas, une ville entière) pouvait constituer une ressource stratégique pour stimuler l'imagination des gens, en créant des scénarios imaginatifs qui seraient impensables s'ils n'étaient pas racontés.
Une histoire pour donner voix à la signification d'un lieu,
redonner vie à un espace tombé en désuétude
sans affecter le moins du monde sa structure physique.
Pour moi, la ville idéale est un lieu qui ne peut oublier ses quartiers les plus marginalisés et dégradés.
Et ce, d'autant plus si ces lieux sont imprégnés d'histoire ancienne.
Je suis né à Bénévent, une ville qui conserve une multitude de vestiges antiques disséminés à l'intérieur de ses remparts, à tel point que certains l'ont décrite comme un « musée à ciel ouvert ».
Saviez-vous, par exemple, que Bénévent abritait l'un des temples les plus grands et les plus majestueux jamais dédiés à la déesse Isis ? Construit par l'empereur Domitien, il fut démoli et démantelé sur ordre des chrétiens. Au fil des siècles, ses pierres furent réutilisées dans la construction, et on peut encore les voir aujourd'hui, disséminées dans les ruelles du centre historique.
Certaines soutiennent les remparts de la ville, d'autres servent de colonnes aux églises, d'autres encore de fondations aux palais. Malheureusement, bien qu'il s'agisse de vestiges d'une valeur historique inestimable, elles sont aujourd'hui abandonnées et laissées à l'abandon.
GLOOCI (qui signifie Genius Loci) est une application dans laquelle un personnage, réel ou fictif, en tant qu'âme et gardien d'un lieu, accompagne le visiteur lors d'un voyage exploratoire.
Le génie du lieu partage des faits intéressants et des anecdotes inattendues, dans le but de créer un lien avec l'utilisateur. Grâce à un système d'intelligence artificielle innovant, vous pouvez dialoguer avec le génie du lieu et lui poser toutes les questions que vous souhaitez.
GLOOCI n'est pas seulement destiné aux touristes : l'objectif est aussi d'en faire un outil permettant aux citadins de redécouvrir et de s'émerveiller devant les lieux qu'ils fréquentent et connaissent déjà régulièrement.
Je crois que l'une des clés possibles pour atteindre cet objectif est d'utiliser des voix expérimentées, qui semblent humaines (même si elles ne le sont pas) et qui influencent les émotions de ceux qui les écoutent.
Des voix qui sont poussées à agir car elles ont une histoire, malheureusement souvent enfouie, qui doit être remise en lumière.
Par exemple, permettez-moi de vous présenter Hestia, prêtresse du temple d'Isis à Bénévent. Hestia vous guide lors d'une visite à pied de 2 kilomètres à la découverte des trésors cachés (mais pourtant bien visibles) du temple d'Isis de 89 après J.-C. à Bénévent (cliquez sur lecture pour entendre la voix d'Hestia).
